mercredi 11 mars 2015

Chèvrefeuille s'ennuie

  Chèvrefeuille, jeune fille de 16 ans, s'ennuie assise au coin de l'âtre dont les charbons rougissent à peine. Ses parents sont couchés et elle a descendu l'escalier à pas de loup pour ne pas les réveiller. Elle soupire dans la nuit profonde et noir, n'ayant pas allumé une seule bougie. Elle soupire: "Que sera ma vie?" et implore l'étoile du soir qui luit dans le ciel azuré, lointaine et sereine.

  Elle s'endort pelotonnée dans sa robe bleu roi, tandis que les charbons rougeoient faiblement. Elle n'entend pas la fée rentrer par la fenêtre laissée entrouverte par ce beau soir d'été. La fée Eglantine furette un instant dans la cuisine, feuillette un livre de recette laissé ouvert sur la table, elle caresse le chat ronronnant sur le tapis près de la cheminée et voit enfin la jeune fille dans les bras de Morphée. Sa poitrine se soulève lentement, ses très longs cheveux blonds la couvrent de leur manteau doré, ses paupières recouvrent ses yeux bleu nuit tandis que sa peau nacrée luit au clair de lune. Devant tant de beauté et d'innocence, Eglantine, la fée des bois s'arrête à la contempler quelques temps. Elle venait voler un charbon de bois dans l'âtre quand elle entendit la plainte de la jeune fille qui soupirait esseulée au coin du feu. Posée sur le rebord de la fenêtre, elle regarda la jeune fille en robe bleue qui tranchent avec ses longs cheveux blonds s'interroger sur son avenir. Emue par cette frêle créature, elle a attendu que la jeune fille s'étende et s'endorme.

  Prenant son butin, elle volette vers Chèvrefeuille et lui murmure à l'oreille: "Ta vie sera celle que tu rêves si tu les poursuis sans trêve. Elle sera le sens que tu lui donnes." avant de s'envoler après avoir regardé depuis le rebord de la fenêtre la jeune fille endormie. 
Le chat Soyeux a entendu la fée sortir, réveillé, il s'étire, baille la bouche grande ouverte et alerte, reste aux aguets. N'entendant rien, il va s'endormir les bras de Chèvrefeuille rêvant à un papillon qui volette dans le jardin estival et qu'il poursuit follement en vain.

vendredi 30 janvier 2015

Papillon azur

Le papillon couleur azur
Batifole dans les blés
Qui murmurent
Sous le vent de l'été.

Il approche de la patte d'un chat
Mais s'échappe aussitôt
Dans le vent froid
Des étés ruraux.

Il embrasse une rose
Puis hume l'odeur des blés
Tout en rêvant à la prose
Qu'il contera à son aimée. 

vendredi 19 décembre 2014

Le glacier et le lac


Le bleu acier
Du glacier
Se reflète dans le lac
Sans que son eau sur les berges claque.

Le glacier murmure:
"Je te domine 
De toute ma taille, dur
Comme le roc, rien ne me mine."

Le lac chuchote:
"Ta gloire est éphèmére
Car bientôt tu rejoindras mon eau qui clapote
Quand le soleil réchauffera ta glace d'un gris de fer."

jeudi 23 octobre 2014

Sirène au clair de lune

La sirène frissonne sous le vent froid,
Sa peau mouillée brillant au clair de lune
Le vent hurle dans un cri d'effroi
Tandis que la mer charrie les algues brunes.

Les yeux levés vers le ciel
Elle se demande quel avenir l'attend
S'il sera de miel
Ou si amer seront les prochains temps.

Des larmes de cristal
Coulent sur ses joues d'albâtre
Et elle a mal
De penser qu'elle devra encore se battre.

Mais le bonheur
Est à ce prix
Et elle soupire d'espoir entre deux pleurs
De voir enfin le bonheur illuminer sa vie.

mercredi 13 août 2014

Dans une tasse de thé


Elle soupire doucement,
Repose sa tasse de liquide fumant,
Regarde par le fenêtre le firmament
Et se demande ce qu'elle attend.

Le vent souffle légérement,
Dans le jour déclinant,
On n'entend que le rire des enfants
Et d'un chat le ronronnement content.

Sa vie passe pareillement
Chaque jour et elle se ment
Se disant heureuse de cette vie d'argent
Remplie, sans événements.

Elle effleure le piano d'un doigt tremblant,
Des rêves de sa jeunesse envolés depuis longtemps,
Emplissent sa tête papillons
Mélancoliques qui s'enfuient avec sa jeunesse.

lundi 2 juin 2014

Haiku de la grenouille

Posée sur un rocher lacustre,
Au clair de lune, la griffe d'un chat
Chasse la grenouille, émeraude humide.

jeudi 24 avril 2014

Orage grisant


Un éclair déchire le ciel de la nuit
Le noir se trouve tranché d'une ligne grise
Electrique et brève, une lame qui luit
Et éclaire le clocher d'une église.

Le tonnerre assourdissant
Fait son apparition;
A grands pas contents,
Il arrive à tâtons,

D'abord hésitant, 
Il grogne
Avant triomphant,
D'éclater sans vergogne.

D'un coup, le vent hurle
Tel un loup
Chantant à la pleine lune;
Tandis que la pluie tombe en trombe tout d'un coup.